« Où vas-tu, Voyageur? » s’écrie l’enraciné,
« Là-bas, au bord des Mondes. » dit l’enjambée
« La nuit t’y nuira , le froid t’y mordra
ils s’abattront sur toi et la peur suivra,
toujours deux pas derrière toi, elle ira »

 

« Pourquoi pars-tu, Passeur? demande la Peur,
N’entends-tu pas les cris des Mondes?
Dans chaque clairière un bûcher se prépare:
les flammes réclament tes os à dévorer. »

 

« Méfie-toi, Randonneur! dit l’immobile
« Les Territoires sont traîtres, plein de trous,
habiles à engloutir les glorieux sans traces. »

 

« Loin de ta couardise, à moi les Mondes ! » crie Voyageur.
« Pour effacer ta trace et oublier ton nom ! » répond Menteur.

«  Mes pieds sont clairvoyants!  » rit Randonneur.

                                                      

        Variation sur poème anomyme

cuyabenogif.jpg